La serre

Première sortie avec un Super Takumar 35mm, retour d’expérience, snobbisme et mauvaise foi

Me voilà donc pris la main dans la sacoche, à rédiger un premier article de blog. Je mettais jusque-là en ligne des photos sans en expliquer leur contexte. J’ai désormais envie de partager un peu plus que des images car je reprends du plaisir à photographier. Et je le dois à mon changement de matériel. Oui ça paraît bête, mais l’important est de s’y remettre, qu’elle que soit la raison.

Accueil de la serre, horaires d'ouverture

Expérience : canon pancake 40mm

Alors voilà, mon dernier objectif acheté était un canon pancake 40mm 2.8. Dans l’idée, je voulais faire de la photo type reportage avec un objectif peu encombrant. Après une longue période de satisfaction de cet achat, je me lasse du rendu des photos. Je les trouve trop parfaites, lisses, sans caractère…

Le toit de la serre

Je voulais investir dans un canon 35mm mais son prix m’en a dissuadé, et je craignais que le rendu soit similaire au mien. Je crois aussi que je n’avais plus envie d’investir dans des objectifs neufs, pour lesquels j’avais des doutes quant à leur durée de vie. Par exemple, mon pancake est équipé d’un moteur pour la mise au point. Si ce moteur tombe en panne, l’objectif tombe en panne. C’est un système destiné avant-tout à la vidéo, d’où mon désintérêt. Je n’ai aucune sensation à tourner cette bague motorisée, la course est longue et peu réactive. On ne peut même pas faire le point l’appareil hors tension ou en veille… Mais bon c’est pratique ! On fabrique du matériel moderne pour nous faciliter la vie. Alors oui il y a des avantages, mais ça ne fait pas pour autant de nous de meilleurs photographes, ou de meilleures photos. Bien au contraire je crois…

Entrée dans la grande serre

Tentative : monture FD vers EOS

Je découvre peu à peu que de vieux objectifs sont toujours compatibles avec nos boitiers numériques. Je me tourne naturellement vers les anciens objectifs Canon. Je dois me procurer une bague d’adaptation (avec lentille), car la marque a depuis changé de monture. Ma première trouvaille achetée en braderie, est un sigma mini-wide II 28mm 2.8 multi-coated. Quelle déception, la mise au point ne va pas au-delà de 3 mètres, donc l’infini est flou. Cet objectif est inexploitable, je dois trouver une autre solution.

Détail du toit

Solution : monture m42

Je fais une recherche sur les compatibilités entre montures et objectifs. Et il semblerait que ma solution soit la monture m42, dont étaient équipés les Praktica ou autres Pentax. C’est une monture qui se voulait universelle, à l’inverse des marques comme Nikon ou Canon qui ont développé leurs propres montures. De nombreux objectifs m42 sont sur le marché de l’occasion.

Symétrie autour de la lampe
La lampe en détail

Achat : Asahi-Pentax Super Takumar 35mm 3.5

J’aime les focales fixes et je reste attaché au 35mm, genre reportage. Je souhaite rapporter le souvenir d’un lieu ou d’un sujet, tel que je l’ai découvert. Mon choix s’oriente sur la gamme Takumar dont Internet vente son très bon rapport qualité/prix, du moins ceux dont l’ouverture se limite à 3.5. Mon autre motivation est de retrouver le mode manuel de mon bon vieux moyen format, véritable machine à remonter le temps. Je n’ai pas pour autant envie de retourner aux scans de négatifs, bien que l’idée m’ait traversé l’esprit. Mais le numérique a ses bons côtés, manque juste la chimie.

Vieille planche en bois suspendue

Les heureux hasards photographiques, ont disparu avec les modes automatiques et semi-automatiques. Fini les échecs, les mauvaises expositions, les mauvaises mises au point… Place à l’hyper-netteté, à l’exposition calibrée, à l’ennui… J’ai l’impression de revenir à des fondamentaux de photographie, où l’appareil laisse la main au photographe sur ses choix, bon ou mauvais. Bref, j’ai reçu et adopté ce tout petit objectif. Bien plus discret que les énormes cailloux qu’on vend aujourd’hui. Il est tout en métal, et ne montre aucun signe de fatigue malgré son vieil âge : plus d’un demi-siècle. Je doute qu’on pourra en dire autant des objectifs électroniques vendus aujourd’hui. Je le trouve ergonomique. Oui il n’ouvre qu’à 3.5 mais contrairement à d’autres objectifs, il est performant dès 3.5.

Une sortie parmi d'autres

J’apprécie de pouvoir changer de diaphragme directement sur l’objectif. Ce qui est intéressant puisque ça modifie mécaniquement la profondeur de champ. C’est différent que de débrayer un appareil tout numérique, de jouer avec les molettes en plastique, et de voir des chiffres sur un écran digital. J’apprécie également la mise au point mécanique, souple et directe. Je ne fais pas de photographie de rue car je suis mal à l’aise à l’idée de photographier les gens à leur insu. J’ai donc tout le temps pour régler la prise de vue. Au final, ces vieux objectifs sont un bon compromis entre le mécanisme de l’argentique et la practicité du numérique (capteur).

Une bicyclette posée là

Cette série a donc été photographiée à l’aide d’un Super Takumar 35mm. Mon but n’étant pas de détailler ici ses caractéristiques techniques, car d’autres sites bien plus légitimes s’en sont déjà chargés. Mais plutôt d’illustrer ses performances au travers d’exemples. J’ai depuis d’autres objectifs m42, mais ce Super Takumar 35mm reste celui dont je me sers le plus.

Émile Prost, Ingénieur à Rennes

Je découvre un site abandonné, en attente de démolition. Tout ce que je cherche, l’adrénaline monte. À ce moment là, je n’imaginais pas tomber sur un site si singulier. Je commence par faire quelques photos sans conviction des bâtiments. Je continue de m’aventurer et je tombe nez-à-nez avec deux immenses serres abandonnées, l’excitation monte. La nature y a repris ses droits, après sans doute des décennies d’exploitation. Tout a été laissé en l’état. Je prends quelques photos en mémoire de ce lieu, avant qu’il ne disparaisse.

Le bâtiment principal

Je ne suis pas un grand fan de la post production. Les images sont relativement brutes, rendent compte des performances de l’objectif, et témoignent du lieu sans artifice.